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Dans l’espace métaphorique de la gare, Denise Bonal braque son objectif sur des situations drolatiques, pathétiques, à vif. Ces instantanés saisis avec justesse et lucidité révèlent les failles les plus secrètes de ses personnages. Chacun dessine une facette singulière qui, mêlée aux autres, participe du portrait terriblement ressemblant de notre humanité. Denise Bonal, dans un style d’une précision qui n’exclut pas la poésie, nous donne à voir le monde du plus privé au plus universel engagé dans sa course dérisoire contre le temps. Le train n’attend pas.

Ce matériau théâtral par essence comporte les contradictions de la vie elle-même : l’intense circulation de personnages anonymes contenant, isolée, l’intimité d’individus dans leur histoire particulière. Les sons incessants d’une gare avec ses annonces dont le détail échappe le plus souvent à l’oreille et, au premier plan, les silences et les mots de personnages en situation sensible.

L’art, le théâtre ne luttent pas avec la vie. Ils y puisent et ordonnent différemment les éléments captés par le regard de l’artiste. A partir de l’écriture de Denise Bonal et des séquences qu’elle propose, c’est maintenant au metteur en scène en connivence avec la scénographe, le musicien, l’éclairagiste, l’ingénieur du son de composer l’écriture scénique qui va prolonger l’écriture littéraire et la donner à vivre à ceux chargés de l’incarner : les acteurs.

Avec ce sujet, le Théâtre du Barouf, retrouve son territoire favori : celui, intangible, où l’architecture secrète du spectacle s’équilibre dans un ordre musical. Hors de toute anecdote superflue, il s’agit ici de faire exister des parcours croisés dont le rythme relève d’une chorégraphie plus suggérée que visible et ce dans un espace épuré dans lequel le spectateur peut projeter son propre imaginaire. A ce stade de la préparation les lignes sont tracées, l’essentiel est devant nous. Le rêve commence.

Gilles Guillot

Durée : 1h45

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Avec:
Louis-Marie Audubert, Antoine Brétillard, Isabelle Chemoul, Jenny Clève, Rémy Darcy, Tania Dessources, Héloïse Guillot, Philippe Le Mercier, Claude Lévêque, Isa Mercure, Lionel Nakache, Marie Réache, Nicolle Vassel, Maria Verdi
et Noé Borst-Jouan ou Jules Fabre ou Léonce Pruvost.


Scénographie et costumes: Claude Lemaire
Musique et Son:
Didier Goret
Lumières: Roberto Venturi
Assistante à la mise en scène: Isabelle Chemoul
Assistante lumières: Viara Stefanova
Poursuite: Damien Dubreuil
Régie vidéo: Vincent Tauzin
Vidéo: Yves Kuper / Kompost
Sons: Frédéric Pardon, Fabienne Guédy
Coiffure: Chantal Durpoix
Assistante costumes: Emmanuelle Corbeau
Régie lumière: Stéphane Crisodoulos
Régie son: Fabienne Guédy
Habilleuse: Marie Dentan
Décor construit par Giovanni Lascola, « Les Artisans du Spectacle »
Peinture: Didier Courel
Masque: Véronique Genet



  
Production Théâtre du Barouf / SNCF



avec le concours de l’ADAMI
(l’Adami gère les droits des artistes-interprètes et consacre une partie
des droits perçus à l’aide à la création, à la diffusion et à la formation)



et de la SPEDIDAM
(Société de Perception et de Distribution de Droits des Artistes –interprètes de la Musique et de la Danse). La Spedidam gère les droits de l’Artiste-interprète (musicien, choriste ou danseur) en matière d’enregistrement, de diffusion et de réutilisation des prestations enregistrées.



Le Théâtre du Barouf est en convention avec la Drac Ile-De-France.



Musique enregistrée au studio du Palais des Congrés
Prise de son et mixage: Nicolas Stawski assisté de Clément Darnat


Musiciens:
Jean-Claude Auclin (violoncelle), Sandrine Bronchain (clarinette - clarinette basse), Frédéric Chasline (basson - contrebasson), B. Dunoyer de Segonzac (contrebasse), B.M.Gneist (alto), Didier Goret (piano - claviers - direction), Anne Gravoin (1er violon), D.Goret/Isabelle Morelli (chant), Gilberto Pereyra (bandonéon), Bobby Rangell (flûte - piccolo), Jacques Saint-Yves (2d violon), Franck Steckar (percussions - célesta)

Remerciements à Sophie Magne (soprano) , au Théâtre de l’Escabeau.
 
LE FIGARO - 9 SEPTEMBRE 2005

L'Histoire, les histoires

… Denise Bonal inscrit Les Pas perdus dans la lumière d'Arthur Rimbaud. Elle sait le frou-frou des âmes et l'entend dans le bruissement des moments qu'elle saisit comme autant d'éloquentes épiphanies. Bien sûr, il ne s'agit pas d'une suite de photographies. II s'agit d'écriture et de recomposition.
C'est ce qui fonde la force de son théâtre, en général. Denise Bonal n'est pas sociologue, son style n'est pas réaliste. Mais ce qui émeut, c'est l'effet de reconnaissance. Ils sont « ressemblants », ces personnages. Et en même temps, ce sont des êtres d'encre et de papier…
Le metteur en scène Gilles Guillot a su donner du liant sans perdre la fluidité. Grâce a la très intelligente et belle scénographie de Claude Lemaire qui s'appuie sur des images vidéo d'Yves Kuper, on est sans cesse en mouvement, au centre du drame… Une quinzaine d'interprètes passent d'un personnage a l'autre, d'un « dramaticule » à l'autre avec une sûreté de trait remarquable. Gilles Guillot les a bien choisis, très bien distribués, dirigés…

Armelle Héliot

 

LE QUOTIDIEN DU MEDECIN - 14 SEPTEMBRE 2005

Vies sur le vif

UNE GARE. Des destins qui se croisent. Des fragments d'existence. Très bien saisis par l'écrivain et mis en scène avec vivacité par Gilles Guillot qui dirige une quinzaine d'interprètes.
… Denise Bonal s'installe en observatrice d'un monde vibrionnant qui peut résumer l'Histoire à travers des histoires. D'un au revoir d'amoureux sur un quai de gare à l'étoile jaune de l'humiliation, les épiphanies qu'elle nous propose sont variées. Il y a des moments graves et des moments légers, il y a cette foule mêlée, bigarrée, les bons et les moins bons, les coeurs purs et ceux qui composent, les installés dans la société et ceux qui sont en marge, les jeunes, les vieux, les filles, les garçons, les hétéros, les homos, etc On voit à cette énumération qu'il y a peut-être quelque chose d'un peu systématique à ne vouloir oublier personne et à aller du gravissime - la Shoah - au léger. Mais, et c'est toute la virtuosité de Denise Bonal et de Gilles Guillot, la représentation ne donne jamais pesamment le sentiment de ce grand écart. Denise Bonal a le sens du jeu, Guillot celui du mouvement. Et de la juste distribution... C'est jubilatoire et émouvant… C'est joué et mis en scène avec une alacrité qui séduit dans un très beau décor de Claude Lemaire avec des projections vidéo d'Yves Kuper qui animent avec intelligence le plateau de la petite salle du Rond-Point. Du beau théâtre de troupe, un texte d'aujourd'hui en lequel chacun reconnaîtra quelque chose de sa propre expérience tout en se divertissant. C'est bien.

Armelle Héliot

 

LES ECHOS - 12 SEPTEMBRE 2005

… Pour Denise Bonal, la gare est un peu un concentré, un résumé, un précipité du monde. Ne reculant pas devant les difficultés de faire vivre en scène toute une multitude. elle a convoqué toutes les classes sociales à venir faire un tour dans un hall vrai et imaginaire, à portée des quais et des guichets, là où l'on fait des haltes express avant de repartir en courant. Et ça défile !
Une seule personne reste en point fixe sur la scène une vieille femme qui monologue, assise sur sa valise…
Il y a les histoires qui durent une seconde, il y a celles qu'on suit... L'idée de la pièce est simple et formidable : qui ne se reconnaîtrait pas parmi l'un de ces passants pressés et égarés, un sac à la main ? Et qui ne reconnaîtrait pas ses voisins dans la foule de ces modernes familles Fenouillard ?
Ce genre de comédie au coeur ample, au dialogue si aigu, à l'écriture si amoureuse, on aimerait en voir tous les soirs, de même que le plaisir est grand de suivre cette bande de comédiens, les Marie Réache, Claude Lévêque, Maria Verdi, Isa Mercure, Lionel Nakache et leurs partenaires démultipliés.

Gilles Costaz

 

MARIANNE - 17/23 SEPTEMBRE 2005

Le plateau, avec verrière horizontale et projections d'un tableau d'affichage électronique (scénographie de Claude Lemaire), représente donc une gare, plutôt du Nord. S'y croisent, s'y mêlent, reviennent ou s'éloignent maints personnages qui livrent a tour de rôle des bribes de leur existence ¼ tout le bourdonnement parlé de la vie, comme enregistré sur le vif. La langue, drue, témoigne de la sensibilité propre à Denise Bonal. Elle sait, de longue date, cristalliser des états d'âme et tresser des dialogues incisifs. Une foule de petits romans s'écrivent ainsi sous nos yeux. Gilles Guillot a tablé sur une sorte de pittoresque enjoué, dans lequel passerait l'ombre des surréalistes belges ¼ On sent passer la nostalgie des trains d'avant, ceux avec de grosses locomotives noires, lorsqu'on voyageait encore, au lieu d'être transporté à très grande vitesse.

Jean-Pierre Léonardini

 

FRANCE INTER - 13 SEPTEMBRE 2005

En fait, le summum de l'humour, en ce moment, est au Théâtre du Rond­Point avec une pièce de Denise Bonal « Les Pas perdus ».Ce sont les « pas perdus » dans une salle de gare où se croisent, se trouvent, se retrouvent, se rencontrent ou se perdent de multiples destins. Dans l'admirable décor conçu par Claude Lemaire, les frontières entre le temps et l'espace disparaissent. C'est d'un humour noir et multicolore, réaliste et surréaliste.

"13/14" - Jean-Marc Stricker

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