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LE MONDE
lLa présentation de l'Eventail, que nous donne à présent le metteur en scène Gilles Guillot dans une traduction de Ginette Herry, est toute d'allant, d'esprit, de gaieté. Le décor de Gisèle Trembleau est une place de village quelconque, mais tous ses costumes sont des merveilles de charme, de nuances, de clins d'oeil, vraiment une réussite.
Excellente interprétation : Ariane Ascaride, fileuse de lin vive et acide, Jean Lescot, comte un peu filou d'une très fine et riche imagination, Philippe Le Mercier, jeune premier d'un éclatant désespoir, et Christine Guerdon, René Hernandez, Xavier Blanc…enfin tous... Sans oublier le chien Barouf au jeu un peu paresseux, mais sympa (Goldoni tenait à sa présence sur scène).
Trente ans après la première de l'Eventail à Paris, Goldoni, ignoré par les Révolutionnaires, mourait dans la pauvreté rue Pavé-Saint-Sauveur (l'actuelle rue Tiquetonne). Joseph-Marie Chénier avait tout de même fait inscrire à l'ordre du jour de la Convention du 7 février 1793 le vote d'une pension à Goldoni. Mais il mourut la veille. Chénier obtint que la pension serait versé à sa veuve, Nicoletta.
Michel Cournot
TELERAMA
Parce qu'une trop jolie fille a laissé tomber son éventail, tout un petit village italien est en émoi : de la mercière au cordonnier, du tavernier au vieil hobereau fauché... C'est que beaucoup, ici, convoitent la main de la belle et que cette dernière, un rien coquette, fait délicieusement valser tout son petit monde.
Goldoni a imaginé, à travers cette comédie pétillante et enjouée, un vrai tableau de mœurs du XVIIIe, tout en gaîté. Alors que Marivaux dissèque en France. les états du sentiment, lui met plutôt en scène les relations sociales entre les êtres. L'intelligence et la rouerie règnent; on sort tout juste ici de la comédia dell'arte pour entrer dans la grande comédie de caractères... Sous la houlette de Gilles Guillot, le spectacle est habile, drôle.
Fabienne Pascaud
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