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Derrière la façade
ou raconter le monde autrement

Spectacle conçu à partir de rencontres filmées avec des habitants de Fontainebleau

Scénario
Le texte de Rémi De Vos se présente sous la forme de neuf séquences. Sous le titre général de Débrayage, il y traite de l’exclusion et de ses conséquences dans neuf situations et neuf milieux différents. Par « exclusion » il faut entendre exclusion du monde du travail, exclusion d’une société normalisée par des codes, des rythmes, voire un langage qui sont ceux que la rentabilité économique impose à l’ensemble des rouages sociaux.
Chacun des personnages – exclu de son entreprise, de son couple, exclu de ses repères, exclu de son propre équilibre se voit, par sa situation de vacuité, poussé hors de lui-même. Face à ces exclus, on trouve ceux qui – par nécessité d’exister socialement souvent plus que par vocation – sont les agent exécutifs de l’exclusion : DRH, liquidateurs, cadres supérieurs, petits chefs etc… Enfin il y a les témoins ou les victimes co-latérales de l’exclusion : conjoints, enfants, relations amicales etc…
Tous ces personnages, débrayés du grand moteur social, deviennent les jouets de la peur, de l’abandon. La perte des repères et parfois de la dignité les conduisent à des débordements. Le menacé, l’exclu, banni du bien penser et du bien vivre agit sans mesure et, dans ce contexte grave parfois se comporte malgré lui en figure comique. Nous sommes dans une tragi-comédie. Ici, ni bons ni méchants mais des êtres perdus, ballottés, dans la tourmente.
Au delà de la situation évoquée par chaque séquence, se pose la question de l’ambivalence des personnages pris dans un faisceau de contradictions. De victimes, certains se verraient bien, ne serait-ce qu’une fois, en situation de dominant : patron, contremaître… Ainsi, la conscience malmenée de chaque exclu renvoie-t-elle à la fragilité des convictions. En fait, on est avec ce texte aux confins de la vulnérabilité humaine, au cœur même de ce qui reste de l’homme écarté de la mécanique sociale : sa solitude.



Mise en scène : Gilles Guillot
Avec: Alain Aithnard, Jean-Pierre Becker, Christine Braconnier, Lucienne Hamon, Philippe Le Mercier, Isa Mercure, Serge Peyrat
Scénographie: Jean Michel Adam
Lumières: Vyara Stefanova
Costumes: Colombe Lauriot-Prévost
Son: Guy Lerminier
Régie: Gonzag

Être en résidence artistique dans une ville, n’est-ce pas d’abord aller à la rencontre de ses habitants ? C’est ce que nous avons fait à Fontainebleau en filmant certains d’entre eux parlant du temps et du métier, deux thèmes universels, à la fois intemporels et quotidiens.

Derrière les mots, derrière la façade, se sont révélés des fragments de vie et, au-delà des portraits individuels, s’est esquissé, rencontre après rencontre le portrait multiple de notre humanité embarquée dans un temps incontrôlable.

Restituant les paroles des habitants qui ont partagé cette aventure, nous représentons certains moments choisis en plusieurs étapes : théâtre à domicile, théâtre dans les quartiers, représentations au Théâtre Municipal.

Concevoir la représentation théâtrale comme une métamorphose du réel en une forme qui peut être onirique, humoristique, critique, dramatique mais qui, par des moyens artistiques n’a d’autre fin que de « raconter le monde autrement ».

Avec cette aventure humaine et artistique passionnante, nous tentons de changer d’angle et de nous inscrire dans cette perspective ouverte par le peintre Giorgio de Chirico : « apprendre à exprimer la voix cachée des choses, voilà le chemin et le but de l’art. »

 
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