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LES DERNIERES NOUVELLES D'ALSACE - 13 Mars 2002

C'est léger, décapant, drôle... c'est du Labiche ! Le Maillon présente actuellement deux courtes pièces, « Piccolet » et « L'affaire de la rue Lourcine », mises en scène par Gilles Guillot. C'est une satire du bourgeois, de son esprit étriqué, des tactiques et mensonges électoralistes. Un théâtre qui ne se démode pas... « Je me suis adonné presque exclusivement à l'étude du bourgeois. Cet animal est inépuisable. C'est une perle de bêtise qu'on peut montrer de toutes les façons » disait E. Labiche.
Les deux pièces sont interprétées avec brio par cinq comédiens. Pierre Santini et Gilles Guillot sont remarquables. Le spectacle est ponctué d'apartés, de couplets de chansonnettes, des procédés chers à l'auteur, pour nous prendre à témoins. Dans un décor de Pierre Dios, les acteurs apparaissent à plusieurs reprises, coiffés de têtes d'animaux.
Une mise en scène, à la manière de La Fontaine, réalisée avec talent par G. Guillot. Il déclare « le grotesque peut sombrer dans la tragédie comme avec Goya, il peut exploser dans le rire comme avec E. Labiche ». Explosons de rire avec lui !

 

REVOLUTION

Boîte éclatante du décor de Pierre Dios, masques oniriques d'animaux (de Paule Sandoval-Stein), musique vinaigrée de Didier Goret, jeu à la course, à cloche-pied, à la grimace des acteurs on pourrait croire que Labiche fabrique des jouets pour de diaboliques enfants sages. Mais sous les quiproquos, pataquès et facéties, l'énorme abîme de la peur : peur de la femme, pure jeune fille soupçonnée sans barguigner de meurtre (dans Piccolet), « bobonne », la bien nommée par antiphrase, du côté de la rue de Lourcine ; et peur de ses propres fantasmes, du criminel qu'un coup de trop (tiens, tiens même mot pour l'apache et pour le vin...) réveille comme le cochon qu'on héberge. Pour la finesse des acteurs, pour un Pierre Santini insolite : ça se passe au Théâtre des Boucles de la Marne.

Christine Friedel

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