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Depuis la création, plus de 100 représentations

Un homme est assis au bout d’une jetée. Un homme ? Un poète. Henri Michaux. Ciel de nuages, bercement doux de la mer, notes de piano… Plus que son interprète, Gilles Guillot paraît être le double du poète… Avec finesse, légèreté, humour, Isa Mercure et Gilles Guillot prolongent l’univers de Michaux... Inspiration ludique, gravité sous-jacente, l’émotion traverse les mots. Annie Chénieux / Jounal du dimanche***

Gilles Guillot nous entraîne allègrement dans le monde sensible, cocasse et grave d'Henri Michaux. L’interprétation est idéale. Armelle Héliot. / Le Figaro

 

Une jetée, sur le fond de ciel tourmenté, la nuit.


   “Autrefois, je pondis un oeuf d’où sortit la Chine (et le Thibet aussi, mais plus tard). C’est assez dire que je pondais gros.”

   “Je peux rarement voir quelqu’un sans le battre. D’autres préfèrent le monologue intérieur. Moi, non. J’aime mieux battre.”

   “On n’est peut-être pas fait pour un seul Moi. Dans une double, triple, quadruple vie, on serait plus à l’aise. On veut trop être quelqu’un.”

LE JOURNAL DU DIMANCHE ***
Un homme est assis au bout d’une jetée. Un homme ? Un poète. Henri Michaux. Ciel de nuages, bercement doux de la mer, notes de piano… Plus que son interprète, Gilles Guillot paraît être le double du poète, lui-même démultiplié, un et plusieurs comme ces répliques en modèles réduits qu’il expose ça et là, Monsieur Plume et ses frères humains. Avec finesse, légèreté, humour, Isa Mercure prolonge l’univers de Michaux, en relève la dimension existentielle dans un dispositif scénique simple et merveilleusement adapté à l’imaginaire du poète. Inspiration ludique, gravité sous-jacente, l’émotion traverse les mots.

Annie Chénieux




TELERAMA - du 14 au 20 avril 99
“ Même si c'est vrai, c'est faux ”
Seul en scène, Gilles Guillot se joue des paradoxes, des dédoublements, des mensonges et de l’humour très inquiétant du poète Michaux. Il en incarne les phrases stellaires avec étrangeté, sait l’art de nous mettre en déséquilibre, mal à l’aise et cependant réjoui de l’univers caustique et absurde où il nous fait pénétrer…

Fabienne Pascaud




LE PARISIEN - 23 avril 99
“ Même si c’est vrai, c’est faux ” : surréaliste !
Entraîner le spectateur dans l’univers d’Henri Michaux et pour reprendre l’expression de Pierre Seghers, “donner à voir ce qui fut capté et transmis aux limites de l’inaudible”, relevait de la gageure. Mais la qualité de l’interprétation de Gilles Guillot et l’invention de la mise en scène, qu’il a réglée avec Isa Mercure ; confèrent un intérêt certain à cette ambitieuse entreprise, présentée au théâtre Molière.
Belle prestation de Gilles Guillot

André Lafargue




RADIO MEDITERRANEE
Gilles Guillot et Isa Mercure n'adaptent pas Michaux, ils le transposent à la scène. Les narrateurs de Michaux nous livrent les drames surprenants, décalés, ironiques qu'ils se jouent dans le huis clos de leur for intérieur. La mise en scène les extériorise, le for redevient forum et voilà les drames passés de la conscience à la scène sans qu'en change l'esprit.
Restait à tisser un lien entre les divers épisodes d'une épopée intime: c'est le succès de la scénographie de Claude Lemaire et du jeu de Gilles Guillot. Celui-ci incarne un personnage sérieusement drôle, étrangement spirituel, malicieusement nal f. Claude Lemaire a imaginé une jetée entre deux infinis, ouvrant la perspective aux imaginaires. Des doubles, poupées de différentes tailles, démultiplient des personnages rigoureusement oniriques.
Quand le théâtre sert un tel auteur de cette manière, le public ne peut qu'y gagner.

André Malamut




LE FIGARO - 23 juillet 1998
“ Même si c’est vrai, c’est faux ” 
Sur fond de ciel chargé de nuées changeantes, une jetée en oblique domine une mer sombre : idéal décor de Claude Lemaire qui permet à Gilles Guillot de nous entraîner allègrement dans le monde sensible, cocasse et grave d’Henri Michaux et de son Monsieur Plume. Côté jardi un pianiste, RV Dupuis, apporte ses touches légères, souvent humoristiques. L’adaptation, signée Isa Mercure et Gilles Guillot,est fine. L’interprétation est idéale :.toute en délicates irisations.

Armelle Héliot




ITINERAIRES WALLONS
Théâtre du Barouf au Théâtre Molière “ MEME SI C'EST VRAI C’EST FAUX ”
Saluons la performance d’Isa Mercure et Gilles Guillot (adaptation et mise en scène) qui, avec un choix judicieux des poèmes de Henri Michaux, nous font entrer dans l'univers tourmenté, révolté, négatif d'un des grands poètes de notre siècle.
On sait l'importance dans son oeuvre du personnage de Plume dont les côtés maladroits, hors du monde, hors du temps sont ceux de l'homme écrasé par l'ennui du quotidien. Mais les adaptateurs ont estimé, à juste titre, que Plume au restaurant, Plume en voyage, Plume qui arrache des têtes inutiles ou Plume séduisant la Reine ne constituent pas les seules lignes de force de la poétique de Michaux. Aussi, avec d'autres extraits, ont-ils souligné sa méfiance a l'égard du langage au point de le désarticuler pour s'en affranchir en une sorte d'exorcisme. Soulignant aussi son désir de "rentrer dans un paradis perdu" où il retrouverait les célestes liens qui le libéreraient des contingences de la vie.
RV Dupuis joue au piano une musique de sa composition qui loin d'un décor sonore est, comme le précise Gilles Guillot, une sorte de "conscience musicale" renforçant la substance de chacun des textes.
Dans une scénographie simple de Claude Lemaire, comprenant des mannequins de taille différente en fonction des personnages évoqués, Gilles Guillot fait vivre toutes les nuances de la pensée de Michaux dont l'angoisse teintée d'humour trouvera, lorsque la plume sera déposée. son accomplissement dans la peinture.
Un spectacle à voir par ceux qui apprécient la poésie de Michaux et surtout par ceux qui ne la connaissent pas.

Raymond Finet




LE QUOTIDIEN DU MEDECIN
“ Même si c’est vrai, c’est faux ” 
Isa Mercure a adapté avec une grande sensibilité, beaucoup d’intelligence Henri Michaux et nous entraîne sur les pas de Monsieur Plume. Présenté lors du dernier Festival d’Avignon, ce spectacle tout de délicatesse qu’elle met en scène a connu un grand succès. Gilles Guillot accompagné au piano par RV Dupuis nous entraîne dans ce monde qu’un décor subtil et enchanté, simple et lourd de rêve, nous rend proche.

Armelle Héliot

 

 

Précédent spectacle Henri Michaux du Théâtre du Barouf

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LE MATIN - Octobre 1985

Michaux aimait égrener le chapelet de la haine de soi. Le Théâtre du Barouf, en montant Je vous écris d’un pays lointain à partir de ses textes a su rendre cette atmosphère surréaliste et drôle, cette ambiance incomparable, nostalgique et moqueuse, spécifique d’une œuvre qui peint le monde sans avoir l’air d’y toucher. Les acteurs sont alternativement tous les personnages de ces mini-contes grinçants que l’auteur de Plume a brossé avec talent….
Périodiquement un lit traverse la scène. Le pauvre Plume écrasé par la paresse marche vers a mort sous le regard sévère d’une religieuse. Résignation attristée mais toujours le mot qui vous arrache le sourire et même parfois le rire à gorge déployée. Même la recherche de l’absolu et l’expérience de l’infini chères à Michaux passent à travers ce spectacle grâce à un silence, une liaison entre deux scènes qui font penser profond. Rebondissant, tournoyant, éliptique, le spectacle a pris le rythme de Michaux et atteint cet état d’apesanteur qui fait qu’entre ciel et terre on prend seulement son plaisir à voir et à écouter de ses deux oreilles.

Antoine Spire




REVOLUTION

Il faut absolument, si ce n’est déjà fait, profiter du spectacle conçu par Gilles Guillot et Isa Mercure pour faire la connaissance d’Henri Michaux : ils se promènent avec leurs trois indéfectibles complices (Gérard Chaillou, Alain Courivaud et Henri Courseaux) dans les Propriétés de celui qui explorait L’Espace du dedans derrière son M.Plume avec leurs Façons d’endormi-Façons d’éveillé… On peut jouer sur tous les titres de Michaux. Même si le spectacle ne garde que quelques textes, le jeu des comédiens endosse tous les autres, discret, magique, aigu, d’une réelle et trompeuse modestie. Les comédiens réussissent à atteindre le dessin, la stylisation d’êtres de papier (loin de « l’épaisseur » psychologique) ce qui leur donne l’extrême acuité, la profondeur d’un humour – et d’un désespoir – inégalé. Tout glisse, rien ne pèse dans le décor un peu BD de Pierre Dios, songe impitoyable en douceur.

Christine Friedel

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