< retour à la salle de spectacles
spectacles_minyana
Fin d’été... Fin d’époque. Une pension de famille dans les Vosges. Juste avant la rentrée. Des destins qui s’entrecroisent, très vite, dans le moment creux qui sépare le faux rythme des vacances des figures imposées du travail à reprendre. Des hommes, des femmes - beaucoup sont enseignants - seuls, ou en couples, se donnent la comédie, par fragments, entre la cueillette des dernières myrtilles et l’eau chaude de la douche qui ne marche jamais, la “bonniche” excitée et le prof de philo, la jeune femme en proie à une longue maladie, l’élection de miss Mirabelle avec musique de fête au loin, le vieux monsieur qui perd son sang au premier étage - mais on n’en parle pas - et la patronne de la pension qui est su gaie, l’étudiant que les femmes trouvent très animal - et certains hommes aussi - la séance de diapos sur la Grèce... Comme dit l’homme du village “ça sent le sapin”, la bonne odeur des vosges, bien sûr.

Tout ce petit monde, vibrant, impressonniste, nous parvient par éclairs, par lambeaux, douloureux, magnifique, risible, attendrissant.

Ecriture musicaleavec contre-temps et syncopes, soupirs et doubles croches. Une comédie accidentée. Un paysage fait de brume sur le lac et de taches sur la nappe. Un équilibre qui se faufile entre salé sucré, chien et loup, ombre et lumière, rire et larmes.

Et, pour nous, le plaisir d’inscrire cette suite de personnages dans son rythme et sa tonalité, au plus juste, au plus précis, comme ces notes cramponnées à la portée, au-dessus du vide.

LA TERRASSE

Gilles Guillot place ses personnages dans une pension de famille et derrière un paysage brumeux des Vosges. C'est la fin de l'été et les dernières myrtilles. Pour tous ces vacanciers, des professeurs pour la plupart, le temps s'est arrêté comme suspendu entre deux mondes, entre le moment creux des vacances et celui qui bientôt les ramènera à la réalité. En attendant, les destins se croisent. Des hommes, des femmes, seuls ou en couples, qui occupés à ne rien faire, rentrent, sortent, passent, se cherchent, ne se trouvent pas toujours... Au milieu des silences, des malaises et des névroses, tous ces gens ordinaires venus soigner leur corps et peut-être leur tête manquent d'air et tentent de respirer... En attendant l'été prochain - y'en aura-t-il un autre ?- ces onze personnages qui ont tous en eux un secret ou une histoire d'amour inscrivent leur petite vie dans la grande, avec des mots secs, pathétiques et drôles qui viennent s'échouer sur la scène… Dans cette tragi-comédie humaine, Gilles Guillot donne à cette pièce sa part d'irréel et de mystère. Dans un. calme apparent, il laisse monter l'épais brouillard et éclater l’orage, et suscite des moments de clarté ou les ombres se dissipent et font apparaître les êtres dans leur fragilité.

V.L

< retour à la salle de spectacles