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spectacles_prevert

   En scène, deux enfants d’hier, en fait deux comédiens d’aujourd’hui, dialoguent, s’interrogent, remontent le cours du temps et revêtent les oripeaux des personnages auxquels ils s’identifient ou contre lesquels ils se révoltent. Ils évoluent entre une armoire de grand-mère, une baignoire ancienne, un tableau noir et de vieux vêtements. Ils tournent en dérision les empêcheurs de vivre contre lesquels Jacques Prévert s’est toujours insurgé et expriment avec tendresse l’espoir qu’un jour “l’homme sera grandeur naturelle”.
   Tous les textes sont de Jacques Prévert et s’il semble évident qu’ils se répondent et s’enchaînent ou se déchaînent avec facilité, c’est que leur auteur a toujours poursuivi et poursuit toujours avec tous ceux qui l’aiment le même combat pour la vie.
   Les textes du spectacle sont extraits principalement de:
“Paroles”, “Histoires”, “Spectacles”.

LE MATIN

Quel joli spectacle, aigu, intelligent ! Une fête pour l’esprit et le cœur. Tous ce poèmes qu’on croyait connaître par cœur, les voilà qui, cousus les uns aux autres en une brillante rhapsodie, se font devant nous le texte d’une commedia dell’arte inattendue, qui serait jouée d’éblouissante manière par deux arlequins de Picasso jonglant ave les mots et les images, jouant avec les poèmes de la façon dont Montaigne écrivait « par sauts et gambades »
Le saut de quelques oripeaux, quelques objets de bric-à-brac – une vieille armoire, une vieille baignoire, du linge sur un fil ‑, Isa Mercure et Gilles Guillot, deux grands enfants sans âge, deux enfants de Prévert – « petits enfants d’Aubervilliers » ‑ avec une grande richesse d’imagination et une miraculeuse justesse de ton, tissant avec autant de finesse que de brio les fils croisés de l’humour et de l’émotion, nous disent, avec une sorte rare d’amitié fraternelle, l’anarchisme et la tendresse de Prévert, sa colère d’enragé libertaire, sa soif de la vraie vie absente, et son espoir d’un demain qui ne serait plus régi par ceux-là qui défigurent la vie. Oui « c’est fou ce que les hommes inventent pour abîmer l’homme…

Gilles Sandier, Le Matin

LE QUOTIDIEN DE PARIS

…Isa Mercure et Gilles Guillot sont en vérité deux djinns, deux lutins, deux enfants rebelles. Leur poésie est une lanterne magique qui, pour éveiller nos cauchemars, pour frôler leurs précipices, n’en est que plus innocente. Elle surgit d’une baignoire, lui d’une armoire. Craignez tout de leurs métamorphoses ! leurs jeux nous conduisent sur des chemins étranges, truffés de pièges, et les paysages que nous découvrons à leur suite ont la déconcertante familiarité de ces lieux oubliés où jadis nous avons joué et qui, bien des années après, tout à la fois nous emprisonnent et nous dépaysent, si le désir nous prend de les revoir…  Isa Mercure et Gilles Guillot nous entraînent sans faiblir jamais, au plus vif de leurs jeux interdits…

Patrick de Rosbo

spectacles_armoires

Spectacle composé de pièces courtes et extraits choisis:

- “Délire à deux” (Eugène Ionesco)
- “Mais n’te promène donc pas toute nue” (Georges Feydeau, extrait)
- “Edouard et Agrippine” (René de Obaldia, extrait)
- “La peur des coups” (Georges Courteline)
- “En famille” (Jacques Prévert)
- “Un mot pour un autre” (Jean Tardieu)
L'AVANT-SCENE THEATRE

Qu'est-ce qu'il y a à l'intérieur d'une armoire ? Des secrets de famille, de ceux qui alimentent les scènes de ménages, les envies de meurtre. Armoires-refuges, armoires-prisons, armoires-cocons, ces « scènes de la vie de famille », cousues par Gilles Guillot, à partir de morceaux de bravoure de lonesco, Feydeau, Obaldia, Courteline, Prévert et Tardieu, sont jouées avec un abattage extraordinaire par Attica Guedj, Isa Mercure, Gérard Chaillou et Gilles Guillot. Les personnages, soi-disant abrités de « la fureur du monde », se déchirent avec hargne, et quand, au dehors, « la paix a éclaté », se demandent ce qu'ils vont devenir. Et nous ? que deviendrons-nous, sans eux, et sans l'humour ravageur de nos grands auteurs ?

Danièle Dumas

 

TELERAMA

Autour de quelques scènes de ménage truculentes et célèbres, quatre acteurs épinglent jusqu'au délire, jusqu'au surréalisme quelques situations-choc du répertoire théâtral traditionnel. Un étonnant décor fait de géantes armoires permet aussi à Gilles Guillot d'aller piocher sous tous les draps possibles les secrets intimes les plus cachés... Si la comédie de Ionesco qui sert de leitmotiv au spectacle fait trop souvent tomber le rythme, ce patchwork en forme de clins d'oeil met au moins en s'amusant une question essentielle en jeu : qu'est-ce donc, au juste, « faire une scène » ?

Fabienne Pascaud

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