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Dans la pension de famille de Madame Borromée, tout se détraque. L’horloge bat la breloque et sonne les heures dans le désordre. La jeune fille s’offre trois express à la suite: Monsieur Adam, Columbo et le comptable Zanzi, trois pensionnaires. Le récit d’un naufrage donne le mal de mer à tous ceux qui l’écoutent. La vieille fille bigote rêve d’un épouvantail viril. Le syndicat des comptables joue des claquettes. Survient le professeur Kufman, savant atomiste qui fait des expériences sur les violettes. Aristote, l’homme à tout faire de la pension, l’espionne tandis que le baron Fernagut, philosophe ami des poules, se laisse contaminer par l’esprit scientifique. Quand on sait qu’une queue de violette suffirait à faire sauter le poulailler, on tremble à l’idée des ravages que pourrait causer la diabolique invention du professeur.
Qu’adviendra-t-il de la pension? Qu’adviendra-t-il du monde? Vous le saurez... etc. etc.

Gilles Guillot

LA VIE FRANCAISE

Des fous de poésie, Gilles Guillot, Isa Mercure et leur Théâtre du Barouf ! Ils nous avaient déjà régalés avec Jacques Prévert et Jean Tardieu, les voilà qui récidivent avec ce drôle de Schehadé qui sait si bien nous mener par le bout du nez avec des histoires qui ne tiennent pas debout mais qui retombent toujours sur leurs pattes. Une pension de famille, des vacanciers farfelus, un valet qui s'appelle évidemment Aristote, une patronne qui multiplie les additions, une demoiselle de l'Armée du salut, ou presque, un docteur Folamour, un baronnet qui aime les poules, un poulailler et des champs de violettes… Il y a de quoi mettre le feu a la planète et aux poudres de perlimpinpin. Ce n'est qu'un conte drolatique écrit avec des mots de fée, lissé avec des chansons douces, et c'est bien assez pour nous offrir une soirée qui ressemble à une récrée. Il est vrai que l'équipe du Barouf n'est pas du tout patapouf, mais tout à fait loufoque, que Maurice Baquet, sans violoncelle, reste cocasse, que Liliane Rovère a des airs d'Arletty qui démangent, que la musique de Kosma est délicieuse et que le tout a des parfums de violettes atomiques qui titillent notre plaisir.

Caroline Alexander

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