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FRANCE INTER - Septembre 1983
Voilà trente ans, Jean Tardieu, le poète, a été l’un des inventeurs du théâtre moderne. Comment ? En jouant – en orfèvre – des mots, de leur magie, en déstabilisant leur sens habituel, grâce au pouvoir corrosif de son humour – étonnant et détonnant – il a bousculé, il a fait éclater les apparences du quotidien pour découvrir, derrière – la part de mystère que présente notre existence et le monde qui nous entoure. Trente après, ce théâtre de Jean Tardieu nous apparaît toujours aussi moderne, aussi vivant, pétillant de cocasserie par son esprit, mais en même temps profond, profond avec légèreté. Et c’est là la réussite - d’une qualité rare - d’Isa Mercure et de Gilles Guillot qui a réglé une mise en scène pleine d’inventions originales, comme le texte lui-même, propre à en faire briller la double face : la comique, mais au-delà - et cela me paraît neuf - la tragique. Tout ici concourt à la réussite : le décor surprenant de Jean-Pierre Larroche et les interprètes. Paul-Louis Mignon NOUVEL OBSERVATEUR
… Un spectacle qui constitue une aventure cohérente de bout en bout, sans hiatus ni failles… De très bons comédiens jouent avec une constante drôlerie sur la façade d’un immeuble qu’aurait couché un tremblement de terre. Ils sortent des fenêtres comme des diables d’une boite, s’organisent en orchestre, aménagent l’espace selon une réalité imaginaire, pareille à un garde-fou, aux savants et charmants délires de Tardieu. Guy Dumur
… La parole, parler, écrire, écouter, lire, c’est sans doute l’acte premier du vivre, c’est dans la parole que la chair et l’esprit ensemble se mettent à respirer, à faire. Notre vie, de la naissance à la mort, tient à ce fil : ce fil de paroles qui se file entre nous-mêmes et autrui ou entre nous-même et nous-même, dans des silences, des solitudes. Jean Tardieu met sans cesse le doigt sur le souffle crucial de la vie… Isa Mercure et Gilles Guillot ont assemblé un choix d’échanges de paroles ou de soliloques écrits par Jean Tardieu qui nous projettent sur cette orbite inhabituelle, à côté de la routine inconsciente des mots… C’est une soirée profitable et très gaie parce que Jean Tardieu sonde un grand mystère avec une vraie modestie. Michel Cournot |
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LE FIGARO
Quoi de neuf ? Tardieu ! C’est ce que nous rappellent une fois de plus avec malice et bonne humeur Isa Mercure et Gilles Guillot entraînant quelques-uns de leurs amis dans la ronde insolite, absurde, poétique, drôle, fine, spirituelle de Comment ça va sur Terre ? Une question très importante que pose Tardieu lui-même (on réentend sa voix). Pour les réponses, ce cirque enchanté par les costumes de Claude Lemaire et le talent amusé des interprètes... Un des plus jolis spectacles qui se puisse voir actuellement. Théâtre Molière-Maison de la Poésie. Armelle Héliot JOURNAL DU DIMANCHEJean Tardieu et le Théâtre du Barouf entretiennent un compagnonnage complice qui a déjà fait ses preuves…Au sol, une guirlande lumineuse trace une piste de cirque imaginaire le monde vu par le poète, grand magicien du langage, de la phrase suspendue et du mot pour un autre…Tardieu interpelle, pose les questions métaphysiques comme il joue aux devinettes, orchestre une conversation comme une symphonie. A l’aise dans sa planète, Isa Mercure, Gilles Guillot et leurs acolytes renvoient l’écho de ce merveilleux inventeur, fidèles à son esprit léger et farceur, absurde et onirique. Jolie musique d’Yvan Dautin. Annie Chénieux
Une fête enchantée... Récréation! Voilà la récrée, voilà la fête. Isa Mercure et Gilles Guillot renouent avec un auteur qu’ils adorent… Ils le fréquentent depuis longtemps. Ils en connaissent les pleins et les déliés, ils en ont déjà fait spectacle. Ils récidivent, avec Jean Tardieu ici en position de Dieu le Père qui les regarde, les écoute. … Le théâtre du Barouf ‑ nom de la compagnie Guillot-Mercure ‑ sert les textes de Tardieu avec une élégance et une énergie remarquables. Il y a du choral et de beaux solos, l’entente d’un groupe qui s’amuse passant d’amusantes compositions à personnages aux accents sincères avec une alacrité charmeuse. Armelle Héliot |
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L'AVANT-SCENE THEATRE
Qu'est-ce qu'il y a à l'intérieur d'une armoire ? Des secrets de famille, de ceux qui alimentent les scènes de ménages, les envies de meurtre. Armoires-refuges, armoires-prisons, armoires-cocons, ces « scènes de la vie de famille », cousues par Gilles Guillot, à partir de morceaux de bravoure de lonesco, Feydeau, Obaldia, Courteline, Prévert et Tardieu, sont jouées avec un abattage extraordinaire par Attica Guedj, Isa Mercure, Gérard Chaillou et Gilles Guillot. Les personnages, soi-disant abrités de « la fureur du monde », se déchirent avec hargne, et quand, au dehors, « la paix a éclaté », se demandent ce qu'ils vont devenir. Et nous ? que deviendrons-nous, sans eux, et sans l'humour ravageur de nos grands auteurs ? Danièle Dumas TELERAMA Autour de quelques scènes de ménage truculentes et célèbres, quatre acteurs épinglent jusqu'au délire, jusqu'au surréalisme quelques situations-choc du répertoire théâtral traditionnel. Un étonnant décor fait de géantes armoires permet aussi à Gilles Guillot d'aller piocher sous tous les draps possibles les secrets intimes les plus cachés... Si la comédie de Ionesco qui sert de leitmotiv au spectacle fait trop souvent tomber le rythme, ce patchwork en forme de clins d'oeil met au moins en s'amusant une question essentielle en jeu : qu'est-ce donc, au juste, « faire une scène » ? Fabienne Pascaud |
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